-Di un temporale  (22' - 1994), pour orchestre et bande 2x2 pistes

         -Commande d'État pour l'Orchestre de Chalon-Bourgogne,

         -créée le 10 juin 1994 à l'Espace des Arts de Chalon sur Saône par cet orchestre sous la direction de Philippe Cambreling.


Ecoutez un extrait (mp3) par l'Orchestre Chalon-Bourgogne, dir. Philippe Cambreling :     Di un temporale (extr.)

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Description :

J'ai choisi de prendre deux points de départ, deux sources d'inspiration. Il s'agit d'abord des différentes phases du déroulement d'un orage, pris comme modèle, comme principe organique de la composition, ainsi que pour les émotions qu'il peut susciter.

C'est ensuite quatre "dessins musicaux" d'Anne-Marie Teraccini, que celle-ci, peintre, a réalisés à l'écoute de musiques (que j'ai préféré ne pas connaître).

J'ai transcrits librement ces dessins, en quatre parties reliées aux phases de l'orage, par une double lecture : comme une représentation de sons, par des lignes, des masses, des signes ; et comme des instantanés, des tableaux où le temps, bien qu'arrêté, est suggéré par le mouvement, le geste : tourbillons, myriades de particules, en partie chaotique, en partie organisés, comme un phénomène naturel où le hasard joue un rôle important mais laisse apparaître des lignes de forces, des oscillations, des tensions.

La présence d'une bande magnétique, mais aussi l'emploi dans l'écriture orchestrale d'idées compositionnelles dérivées de la pratique électroacoustique participent d'un enchevêtrement voulu de l'instrumental et de l'électroacoustique.

La première partie (les quatre parties s'enchaînent sans interruptions), appuyée sur un sol très ferme, marqué par une intensité plus forte et un redoublement des contours oscillants de la partie inférieure, est un état assez chaotique, où la tension commence à se faire sentir ; des masses électriques sont trouées ici et là de vides, mais on sent qu'elles vont les unes vers les autres (ces masses ont des contours flous et s'interpénètrent, mais on peut toutefois les distinguer) dans des sens différents, ce qui provoque des tiraillements. La deuxième voit deux rassemblements s'opérer de part et d'autre d'un grand vide. Les petites masses du premier dessin se sont agglomérées, et la menace d'affrontement entre les deux blocs n'en est que plus effrayante. Le sol est toujours présent, mais son importance cède du terrain, comme si le ciel avait gagné en intensité. Le troisième mouvement correspond aux déchaînement des forces qui n'étaient jusque là que potentielles. C'est une explosion d'éclairs, de tonnerre, de vent et de pluie, dans une extrême jubilation. Le ciel n'est plus que de l'énergie et non de la matière ; la jubilation vient de la simplicité retrouvée, de ce retour à un ordre vertical et à une jonction, une communication entre le ciel et la terre. Dans cette résolution dans la violence, plus de questions, seulement de l'action ; plus de temps, seulement des directions et des forces. Les deux masses se rejoignant ont créé l'étincelle qui a mis le feu à l'Univers... On voit encore les restes des deux masses, combustible qui alimente le feu céleste et se consume rapidement. Le sol absorbe sans frémir toute cette énergie dissipée en vain, qui retourne dans la Terre-Mère. Le quatrième dessin est un chaos presque total : rien ne fait de sens et tout est équivalent. Il n'y a plus de tension de ce fait, mais un grand calme, une paix car cette neutralisation de tout élimine les tensions, cette dispersion et cette dilution enlèvent les craintes et les antagonismes.

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