-La lueur et la fumée  (55' - 1993), musical theatre on texts adapted from the Petits Poèmes en Prose  by Charles Baudelaire, for actor, percussion, synthesizer and electronics ( 8 + 2  tracks).



Listen to an excerpt ( mp3)  by Daniel Laloux, acteur, Luis Naon, synthétiseur, Jean Pierlot, percussion,

and Nicolas Vérin, direction sonore :   La lueur et la fumée (excerpt from "l'Horloge")

Description : (yet to be translated)

Les Petits Poèmes en Prose du Spleen de Paris de Charles Baudelaire se sont depuis longtemps imposés à moi, et la nécessité m'est venue d'en faire un ouvrage personnel, une vision à la fois musicale et spectaculaire.

Le texte, prononcé en direct sur des modes très contrastés, est au centre du spectacle par sa valeur propre, ainsi que par la présence et le jeu du comédien. Les poèmes dont il est extrait constituent une suite de tableaux, organisés comme un parcours : L'étranger - Un hémisphère dans une chevelure - Laquelle est la vraie ? - Le mauvais vitrier - L'horloge - L'invitation au voyage - La soupe et les nuages - Enivrez-vous ! - Anywhere out of the world.

L'obsession du temps, si baudelairienne, est à la base de la pièce : celui-ci y est martelé, étiré, arrêté par des rythmes fondés sur une pulsation régulière ou irrégulière, par des répétitions, des passages senza tempo.

C'est aussi l'atmosphère de ces textes, où le rêve et la beauté idéale se téléscopent violemment avec le réel et le quotidien, qui a provoqué en moi des résonances. J'ai traduit ces antagonismes dans le domaine musical par des oppositions présence/absence, naturel/artificiel, mélodie/bruit, proche/lointain, ainsi que par des contrastes de style.

Le verbe et la présence de l'acteur dominent certains moments, tandis que d'autres sont plus fortement axés sur la musique. Mon choix d'instruments s'est porté sur la percussion, le synthétiseur, et la bande magnétique, en tant que trois mondes riches et complémentaires.

Les nombreux instruments de percussions occupent un espace important sur la scène. Devenus comme des éléments de décor, ils intègrent aussi des objets quotidiens (casseroles, pot de fleur, ...) qui peuvent être ou non utilisés comme corps sonores. Ils représentent le monde réel, physique et tangible, à la fois moderne et archaïque.

Les synthétiseurs sont au contraire presque cachés ; les gestes du musicien sont plus contenus. Ce dispositif reflète un monde imaginaire, artificiel, qui n'a d'existence que celle du son, dont la matérialité est extrêmement fragile.

L'univers de la bande magnétique est un pont, puisant ses matériaux dans le concret ou l'électronique. Il induit aussi d'autres idées : celles de l'absence issue de l'acousmatique, et de l'espace éclaté grâce aux nombreuses pistes et haut-parleurs mis en jeu.

En réponse à la forme fragmentaire et libre mais néanmoins extrêmement raffinée de l'oeuvre de Baudelaire, la partition, bien que dans l'ensemble très écrite, intègre des passages ouverts, où un musicien est mis en valeur et dispose d'une part d'improvisation. La bande même, par le biais du multipiste, du mixage et de la diffusion, se prête à improvisation.

La mise en scène joue sur la mobilité du comédien, sur la fluidité des lumières pour renforcer l'unité entre les différents éléments du spectacle : musique, texte, visuel. En l'absence de décors, non souhaités ici, ce sont les lumières qui construisent l'espace dynamiquement. Un espace renouvellé et contrasté pour chacun des moments de la pièce, qui suscite des univers différents en appuyant les oppositions déjà citées. L'acteur, par ses déplacements sur et au-delà de l'espace scénique, donne corps à ce voyage intérieur. Etapes de son parcours : des moments de dialogue avec les musiciens, qui participent au jeu scénique. La mise en scène est le fruit d'une collaboration étroite entre le compositeur, le comédien Daniel Laloux et l'éclairagiste Jean-Marc Colonna d'Istria.

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