- una rosa... una rueda...   (20' - 1995), sur un texte adapté de l'Oda a Salvador Dali  de Federico Garcia Lorca, pour récitant, ensemble (fl, 2 cl (+ mi b, + basse), sax (sop + bar), tpt, tb, perc.) et bande 2x2 pistes

         -dédiéà André Belamich, que je remercie vivement pour ses indications.

         -Commande du Festival Aujourd'hui Musiques,

         -créée dans la Gare de Perpignan le 26 novembre 1995.


Ecoutez un extrait (mp3) par l'Ensemble Orchestral Perpignan Languedoc Roussillon,
dirigé par Daniel Tosi, avec Jean-Louis Jacopin, récitant :     una rosa... una rueda... (extr.)


ou téléchargez au format Real Audio :     una rosa... una rueda... (extr.)

Description :

Quarante années remplies d'événements cruels (guerre civile espagnole, assasinat de Lorca, 2e guerre mondiale, camps de concentration et d'extermination), séparent l'Oda a Salvador Dali de García Lorca de l'arrivée de Dalí en gare de Perpignan. Ce dernier a rejoint le mouvement surréaliste pour ensuite devenir "Avidda Dollars". Quarante années qui semblent réduire à un fil ténu le lien entre le poème et l'extravagante déclaration dalinienne, à une absurdité leur confrontation. Toutefois, ce dont il est question est bien central dans l'Ïuvre et la personne de Dalí, si l'on veut bien passer outre aux provocations, à la "folie" et au narcissisme du personnage. Le poème chante l'esthétique cubiste, en partie futuriste, qui enthousiasme alors les deux jeunes hommes, unis par une intense affection, qui est au coeur de ce texte.

Una rosa en el alto jardín que tú deseas.

Una rueda en la pura sintaxis del acero.

Les deux premiers vers - des alexandrins espagnols - nous présentent d'emblée la question : la rose et la roue ou les deux manières d'atteindre à la création. Par la nature, beauté que l'on découvre sans connaître les mystères de son élaboration ; par la géométrie, pure création de l'esprit humain. Les deux aspects serencontrent dans la volonté conquérante de briser les académismes pour retrouver la pureté originale du clacissisme, dans l'éloge de ce qui est net, dans le désir de se donner des limites.

Tu fantasia llega donde llegan tus manos,

y gozas el soneto del mar en tu ventana.

C'est aussi un portrait exalté de Dali dans un paysage marin, à Cadaqués, dont les rochers aux formes aiguës, comme déchiquetées et l'horizon "qui jaillit comme un grand aqueduc", ont tant marqué l'oeuvre du peintre. La Catalogne éternelle est un trait-d'union entre une rose - Cadaquès - et une roue - la gare de Perpignan. Je soulogne dès le début de ma pièce cette rencontre entre deux entités, par une simple confrontation de ces deux espaces sonores.

Pour un compositeur ayant été subjugué par les sirènes de l'électroacoustique, cette question du naturel et de l'artificiel est omniprésente. Construire un ordre humain avec l'univers infini des sons, voilà le défi...

Du poème, j'ai gardé les vers qui m'inspirent le plus, en tentant de conserver l'essentiel de sa substance, laissant ainsi un espace pour la musique. Pas de détours, directement vers la lumière, la verticalité, la raison, "le grand air, face à la mer, peuplée de marins et de barques".

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texte dans l'adaptation de Nicolas Vérin :

 

Una rosa en el alto jardín que tu deseas.

Una rueda en la pura sintaxis del acero.

 

Los pintores modernos en sus blancos estudios,

cortan la flor aséptica de la raíz cuadrada.

 

El aire pulimenta su prisma sobre el mar

y el horizonte sube como un gran acueducto.

 

Un deseo de formas y límites nos gana.

Viene el hombre que mira con el metro amarillo.

Venus es una blanca naturaleza muerta

y los coleccionistas de mariposas huyen.

 

Cadaqués, en el fiel del agua y la colina,

eleva escalinatas y oculta caracolas.

Las flautas de madera pacifican el aire.

Un viejo dios silvestre da frutas a los niños.

 

                 *

 

¡ Oh Salvador Dalí, de voz aceitunada !

No elogio tu imperfecto pincel adolescente

ni tu color que ronda la color de tu tiempo,

pero alabo tus ansias de eterno limitado.

 

Al coger tu paleta, con un tiro en un ala,

pides la luz que anima la copa del olivo.

Ancha luz de Minerva, constructora de andamios,

donde no cabe el sueño ni su flora inexacta.

 

Dice el compás de acero su corto verso elástico.

Desconocidas islas desmienten ya la esfera.

Dice la línea recta su vertical esfuerzo

y los sabios cristales cantan sus geometrías.

 

                   *

 

Pero también la rosa del jardín donde vives.

¡ Siempre la rosa, siempre, norte y sur de nosotros !

ignorante de esfuerzos soterrados que causa.

 

Rosa pura que limpia de artificios y croquis

y nos abre las alas tenues de la sonrisa.

(Mariposa clavada que medita su vuelo).

Rosa del equilibrio sin dolores buscados.

¡ Siempre la rosa !

 

¡ Oh Salvador Dalí, de voz aceitunada !

No alabo tu imperfecto pincel adolescente,

pero canto la firme dirección de tus flechas.

 

Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas.

 

Pero ante todo canto un común pensamiento

que nos une en las horas oscuras y doradas.

No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.

Es primero el amor, la amistad o la esgrima.

 

Huellas dactilográficas de sangre sobre el oro

rayen el corazón de Cataluña eterna.

 

No mires la clepsidra con alas membranosas,

ni la dura guadaña de las alegorias.

Viste y desnuda siempre tu pincel en el aire,

frente a la mar poblada con barcos y marinos.

 

 

 

 

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